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Découverte de moments de vie animale

Dans le cadre de son programme « les Rendez-vous de printemps », la municipalité de Sarralbe a voulu rendre hommage à l’artiste naturaliste suisse Robert Hainard en exposant quelques-unes de ses œuvres mises à sa disposition par la fondation du même nom.

Robert Hainard est né en 1906 à Genève. C’est un artiste aux multiples talents, Il a été simultanément sculpteur, graveur sur bois, peintre et écrivain. Toute sa vie, il a œuvré pour la défense de la nature et il a été depuis ses jeunes années et jusqu’à sa mort en 1999, un homme  curieux, avide de la vie sauvage.

Ce  goût pour la nature l’a entraîné à effectuer de nombreux voyages en France et en Europe. De ces voyages, il a récolté une masse de croquis, fruits de longues observations lors des affuts en pleine nature. Ce qui caractérise l’œuvre de R. Hainard, c’est qu’elle traduit sa communion étroite avec la vie animale. De l’animal observé, il n’a reproduit que sa forme, son mouvement, ses couleurs. Il a traduit ainsi la vision d’un homme entièrement fidèle à son impression première, une vision qui n’est jamais reconstituée par des connaissances antérieures. R Hainard a puisé son inspiration auprès des artistes du paléolithique, auteurs des peintures et gravures pariétales. « Il y a chez eux, écrit-il, chez moi, ce besoin impérieux de  s’emparer de la forme, vivante, chaude, souple, fuyante et de la capturer au piège de la froide et dure matière » Les animaux représentés, chevreuils, écureuils, blaireaux, renards, chardonnerets …. sont ainsi, loin d’être de simples planches d’histoire naturelle, l’illustration de ces quelques secondes de découverte et d’observation captées et mémorisées par l’artiste lors de sa rencontre avec l’animal.

La municipalité avait  tout d’abord souhaité installer cette exposition en pleine forêt, le long du chemin des mardelles, dans l’arboretum. C’est là, qu’elle avait toute sa place. Il est vrai que ce cadre naturel aurait permis de renforcer l’émotion ressentie  au moment de la découverte au détour du chemin, de ces moments de vie animale immortalisées par R Hainard. Mais pour des raisons d’accessibilité et pour permettre que cette exposition soit visitée par le plus grand nombre, la municipalité a choisi de l’installer le long des berges de l’Albe. Ce choix au final, est pertinent. Par le choix du lieu, cette exposition, outre sa dimension artistique, se double d’une portée symbolique. Elle nous invite à nous questionner sur la place de la nature en ville et dans sa périphérie. 

Depuis maintenant quelques années, nous assistons à un véritable bouleversement des paysages ruraux. Autrefois, ces paysages étaient marqués par la polyculture associée à l’élevage. Champs de blé, d’avoine, d’orge, de seigle, de betteraves, ponctués çà et là du bleu des bleuets et du rouge des coquelicots, du blanc des marguerites, se succédaient. Des chemins agricoles bordés de haies structuraient et organisaient le paysage. Cette campagne-là était une réserve de biodiversité végétale et animale. Aujourd’hui, ce paysage s’est transformé. A perte de vue s’étendent les monotones et tristes champs de maïs et de colza. Les haies sont arrachées, les zones humides asséchées. L’utilisation massive d’intrants chimiques bouleversent la biologie des sols. 

L’impact de ces transformations se fait sentir évidemment sur la biodiversité et de nombreuses espèces végétales et animales sont aujourd’hui menacées.

Mais pendant ce temps, la ville semble réserver une place plus importante à la nature. Les communes à l’instar de celle de Sarralbe qui a été pionnière en ce domaine, mettent en place des plans de désherbage, fleurissent les ponts, les ronds-points, pratiquent un entretien différencié des espaces publics, préservent des zones naturelles, plantent des arbres, réduisent de manière considérable l’utilisation des produits phytosanitaires, doux euphémisme pour  désigner des biocides c’est à dire des produits qui tuent. 

Et alors que la campagne ne représentent  plus pour certaines espèces des milieux accueillants, celles-ci réussissent à trouver refuge en ville et dans sa périphérie où le gîte et le couvert leurs sont assurés. A Marseille, il y a plus de papillons aujourd’hui que dans le Lubéron. Les ruches parisiennes produisent entre 30 et 50kg de miel par an et par ruche, alors que les ruches installées à la campagne voient leur production diminuer et passer à 13 kg en moyenne. 

Face à ces bouleversements, il faudra faire preuve de tolérance et multiplier les actions, même les plus modestes, pour préserver la faune sauvage. Au cas contraire, on verra disparaître dans les décennies à venir de nombreuses espèces autrefois familières.

Cela ne devrait pas poser de problème si nous opérons la conversion à laquelle nous invite R Hainard  qui dit «  Après nous être prévalus pendant des siècles de notre raison pour nous distinguer de l’animal, le temps est venu de nous targuer de nos facultés animales pour nous distinguer du robot et justifier notre existence  ». 

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